Salauds de pauvres !
Halloween est un moment de joie...Joie bien fragile pour ceux qui
retrouveront dans quelques mois les affres de l'expulsion locative.
Survivance de la prison pour dettes, l'expulsion locative se veut dans un
pays civilisé comme un moyen naturel de régler les problèmes des pauvres en
les privant d'un toit. C'est vrai qu'avant d'en arriver là, on les a déjà
privé de presque tout : travail décent, sorties, vacances, voitures etc...
Exclus de la vie des autres, de ceux qui ont le droit de "vivre", le pauvre
perd peu à peu le sens de toutes les réalités de ce monde et s'il a pu encore
garder un semblant de vie sociale, l'expulsion locative est le bon moyen de
le "remettre à sa place" en lui retirant toute place.
Le Secrétaire d'Etat au logement, M.Aparu, a cru bon de venir expliquer que
ceux qui ne payent pas n'avaient pas de droit. On sait que depuis quelques
années la France s'est "reconstruite" autour des valeurs de l'argent, du
bling-bling et donc de "celui qui paye".
Dans cette chasse aux pauvres, on peut remarquer que tout le monde n'est pas
perdant. C'est ainsi que le SAMU SOCIAL mérite quand même un moment
d'attention.
Lorsque vous êtes expulsé, vous avez droit si vous êtes une famille avec au
moins un enfant, à un logement provisoire en hôtel.
Pour chaque personne, cette solution "hotelière" coûte 40 euros. Donc pour
une famille avec un enfant, cela fait 120 euros la nuit.
Si vous comptez que ce logement provisoire peut durer 3 ou 4 mois (pour
certains, c'est facilement un an), et si vous savez compter, l'aide sociale
verse donc à un hôtel pour un mois 3600 euros par mois.
Or, la plupart des "expulsés" perdent leur logement pour des loyers de 800 à
1200 euros.
On peut donc conclure qu'en un mois de SAMU SOCIAL, les fonds publics
auraient pu indemniser pour au moins 3 mois un propriétaire et permettre
ainsi à une famille de ne pas perdre tous ses repères.
Mais cela ne tiendrait pas le rôle de la sanction exemplaire qui doit s'abattre sur le pauvre.
Par ailleurs, il faut aussi remarquer que ces fonds publics offrent à certains "hôtelliers" un moyen de s'assurer un chiffre d'affaires non négligeables. Car, il faut aussi savoir que bon nombre des hôtelliers du SAMU SOCIAL ne sont rien d'autres que des marchands de sommeil. Une pièce de 3 à 6 m2, plusieurs matelas et une installations sanitaires qui n'en a que le nom, permettent d'être éligilibre au "pôle hôtellier" du SAMU SOCIAL.
On ne peut s'empêcher de penser à la terrible formule de Marcel Aymé :
"salauds de pauvres"...Ils ont bien cherché leur soucis, puisqu'ils ne
veulent pas payer comme disait M. Apparu !