M.Hollande contre Mme Thatcher - Partie II - Fiscalité et Finance

3°) FISCALITÉ

Mme Thatcher

Soutenue fondamentalement par les milieux conservateurs (et par certains Lords très proches des visions malthusiennes de la "chasse aux pauvres"), on assiste à une réduction de la fiscalité des plus fortunés et à une augmentation des impôts des classes moyennes et défavorisées.

On notera ainsi que les plus hauts revenus voient leur fiscalité allégée : le taux de 83 % (avec 75 % M. Hollande est donc très raisonnable !) qui était appliqué à la plus haute tranche de revenu chute à 40 %.et le taux de base est ramené de 33 % à 25 %.

On sait que l'impôt indirect est considéré par les experts comme le plus injuste socialement, car il touche de la même façon une personne fortunée ou un personne dans la précarité. Mme Thatcher décidera une hausse important de la TVA qui passera de 8 % à 15 %, ainsi que d'autres taxes indirectes sur la consommation (cigarettes, essence, alcool, etc.)

C'est d'ailleurs sur un projet fiscal ("tax pool"), qui visait encore une augmentation des impôts des plus pauvres, qu'elle sera aiguillée vers la sortie.

Le candidat-sortant

On se souvient que dès son arrivée aux affaires, le candidat-sortant fera un peu mieux que Mme Thatcher en ce qui concerne la fiscalité des plus hauts revenus avec l'instauration d'un "bouclier-fiscal" qui a permis notamment le versement par le trésor public de chèques d'un montant conséquent à des personnes qui n'en avaient nullement besoin (faut-il rappeler un chèque de 17 millions d'euros à une des femmes les plus riches de France...).

Pour le candidat-sortant la communication a toujours été un élément important de son "rôle" politique. Aussi, les mots ont une importance : dire que l'on crée une TVA-Sociale, est semble-t-il pour lui, d'un tout autre effet que de dire que l'on augmente la TVA. Toujours est-il que le résultat est le même et avec les mêmes conséquences sur les catégories les moins fortunées.

Notons aussi une méthode plus astucieuse que la "lourdeur" de Mme Thatcher . Depuis 5 ans, le Code des Impôts a connu une telle inflation de textes que bien des fiscalistes se sont dits scandalisés. Non pas tant par l'enchevêtrement des textes, que parce que cet apparent fouillis a permis de bâtir des profils fiscaux "sur mesures" pour certaines grosses fortunes qui peuvent ainsi payer l'impôt qui leur convient le mieux.

4°) ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR

Mme Thatcher

Pour un certain nombre de conservateurs, comme pour Mme Thatcher, l'enseignement supérieur au Royaume-Uni est attaché à la notion de castes. Les établissements de prestige comme Oxford, Cambridge ou encore Eton ne sont destinés qu'à recevoir les enfants des classes dirigeantes.

Cette théorie est mise en pratique, notamment, par l'établissement de frais de scolarités très élevés et par la réduction du nombre des bourses.

La croissance du nombre d'étudiants d'origine modeste, qui avait été rendue possible après la seconde guerre mondiale, par toutes une série de mesures prises par Attlee, (et dont la remise en cause n'avait jamais eu lieu) sera définitivement cassée, au point qu'en 2012, l'enseignement supérieur anglais reste une affaire de "bonnes" familles...

Le candidat-sortant

Le candidat-sortant avait clamé haut et fort pendant la campagne de 2007 qu'il était pour l'ouverture de l'enseignement supérieur au mérite et non à l'argent. Cette déclaration avait eu un certain impact dans les milieux étudiants en sa faveur.

L'autonomie des universités assortie d'une augmentation indécente des frais de scolarité et d'une réduction massive des bourses et aides aux étudiants (les bourses ont tellement été réduites, que l'on a vu se mettre en place, dans des conditions confuses, comme souvent pendant la période 2007-2012, un système de prêt étudiant qui "aident" surtout les banques !...) furent la traduction en actes de cette "pensée".

Un exemple de cette politique peut être observé du côté de l'Institut d'Etudes Politiques (qui a d'ailleurs repris le nom de "sciences po" avec un logo...adapté à une certaine idée du savoir et des études supérieures pour des jeunes gens issus de milieux fortunés, mais dont les compétences ne sont pas toujours en corrélation directe avec le montant du compte en banque de leur parent). Dans le même temps où M. Richard Decoing, très proche du candidat-sortant, déclarait faire l'ouverture de "Sciences Po" aux jeunes de milieux défavorisés, il augmentait de façon spectaculaire les frais d'inscriptions à son établissement. Chose remarquable et typique de notre société de "médias", pour l'opinion publique moyenne, ce fut surtout cette idée d'ouverture qui fut retenue.

Aujourd'hui, grâce à l'autonomie des universités, certains enseignants se voient offrir des voyages tous azimuts (Brésil – très recherché ou Abou Dhabi – grosses primes) alors que leurs étudiants doivent vivre dans des conditions effrayantes ...pour ceux qui ne disposent pas d'une "famille". Rappelons qu'au moment du départ du Général de Gaulle, 28 % des étudiants de l'enseignement supérieur avaient des parents ouvriers, à la fin des années Mitterrand, ce chiffre était tombé à 2 %...Il n'existe plus pour le moment de statistiques sur ce sujet.

Quant à l'enseignement secondaire, la Cour des Comptes, et le journal Le Monde (dans son numéro du 13 avril 2012) remarquent que "l'Etat favorise les plus privilégiés" : "L'éducation nationale dépense 47% de plus pour un lycéen parisien que pour un élève de Créteil..."


5°) FINANCE

Mme Thatcher

Mais le véritable "effet Thatcher" n'est pas là. Sa véritable réussite est dans le pont qu'elle va construire entre la finance mondiale et les multinationales (américaines et japonaises) et le Royaume-Uni, du fait de sa politique de déréglementation.

Dès son arrivée au pouvoir, Mme Thatcher s’attèle au démantèlement du cadre (carcan disaient certains conservateurs) juridique du secteur bancaire et financier. En 1986, Thatcher supprimera les dernières réglementations concernant les transactions de la Bourse de Londres. Dans les milieux financiers, cette ère sera connu sous le nom du "Big Bang".

Cette "liberté" attire les capitaux volatiles (hot money) du monde entier : des trafiquants de drogue aux princes saoudiens en passant par le "dentiste belge". L’Amérique de Reagan appuie de façon spectaculaire cette "re"-naissance du capitalisme-financier au Royaume-Uni. Mais les Américains ne sont pas les seuls à suivre la piste de ce nouvel Eldorado, les japonais s'installent également au Royaume-Uni où ils finissent d'ailleurs par liquider "le secteur automobile national"avec les usines qu'ils y installent.

Thatcher porte au pinacle les "milliardaires" de toute sorte dont les exploits font la une de la presse de Murdoch ou Maxwell...

40% des investissements mondiaux hors Europe, sont faits au Royaume-Uni. Les profits des banques explosent (pour certaines, on dépasse les 20 %...et ce malgré les efforts des chartered surveyors pour ne pas trop mettre en avant ces profits).

Mais l'ensemble de cette organisation financière est très fragile, car elle repose surtout sur la "hot money" qui ne recherche qu'une très grande rentabilité à très court terme...ce qui fut le cas avec les privatisations et la vague des fusions-acquisitions qui feront la gloire de Mme Thatcher. Cette "hot money" est aussi liée à des pratiques douteuses qui vont rejaillir sur tout le secteur : scandale de la BCCI en 1991 (narcodollars), scandale Barrings en 1994 (pourtant une des plus anciennes banques de la City) ; ou encore le scandale Maxwell, ce grand magnat de la presse britannique qui porte aux nues Thatcher, et qui provoque une crise sans précédent au Royaume-Uni lorsque l'on s'aperçoit qu'il a purement et simplement détourné les fonds de pension qui avaient été mis à sa disposition par des épargnants trop crédules.

Il faut aussi remarquer qu'avant la crise des "sub-primes" américaines, et un peu comme une pionnière, Mme Thatcher va connaître la déroute de ces "nouveaux propriétaires". Plus de 800 000 d'entre eux se retrouveront lors de la crise du début des années 90, dans l'impossibilité de rembourser leurs emprunts. Ils seront bien sûr expulsés de leur logement, mais en plus, ils seront incapables de faire face à leur dette. De la même façon que dans le cas des sub-primes, la bulle immobilière a conduira à du "mauvais papier".

Le candidat-sortant

Jamais les groupes financiers français, et ce malgré tout le talent de leurs experts comptables, n'ont enregistré autant de profit. Cela n'a d'ailleurs rien de surprenant, si l'on regarde de plus près les cadeaux qu'ils ont reçu depuis 5 ans tant au niveau de la déréglementation que des avantages fiscaux...et laissons pour mémoire, l'aide d'urgence que le candidat-sortant a pris sur les deniers publics, c'est-à-dire sur l'argent des Français pour les renflouer après qu'elles aient eu à subir les frais de leur gestion "aventureuse", notamment avec la finance internationale (crise de 2008).
Pour mémoire, il y a eu la Société Générale et un mystérieux "trou" de 5 milliards d'euros...et Dexia..

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