La dette...absente de la campagne ?

Il y a des mystères qui rendent perplexes. L'économie apparaît être un de ces mystères pour un grand nombre de français et notamment d'hommes politiques. Parmi ces mystères de l'économie, un semble encore plus mystérieux que les autres, c'est la célèbre « dette ». On évoque la dette comme une sorte de malédiction. On ne sait pas très bien comment, ni pourquoi, elle s'abat sur une nation. C'est un coup du destin, un peu comme le chômage. Dans un monde qui donne à la raison et à la pseudo-rationalité, une place au demeurant disproportionnée avec les instruments de l'homme, essayons quand même d'y voir un peu plus clair. Un Etat peut être conduit par des hommes rigoureux, soucieux du bien public, attentifs aux besoins des citoyens. Mais, il peut aussi être conduit de façon plus astucieuse par ceux qui en ont la charge. Un Etat peut ainsi lancer des projets et des sur-projets hors de propos avec les ressources (c'est-à-dire les impôts) dont il dispose. Ceux qui en ont la charge, savent très bien qu'ils vont provoquer un découvert budgétaire, puisqu'ils vont dépenser plus que les revenus qui rentrent dans le budget. Ce « trou » peut être plus ou moins « gros ». Les plus sérieux diront qu'il doit être aussi petit que possible, mais ceux-là ne sont guère « astucieux » ! Explication : ce déficit doit être couvert par un emprunt. Puisque l'argent n'est pas là, du fait de la faiblesse du revenu, il faut l'emprunter. Emprunter de l'argent, c'est comme acheter un bien. Il faut payer ce bien, plus ou moins cher. Dans le cas de l'argent le prix à payer est le taux d'intérêt. Lorsque l'on donne à une entreprise du BTP un « gros contrat », même si cela est très rare, il y a parfois des « commissions », plus ou moins occultes, pour « remercier » celui qui vous a permis d'obtenir ce « gros contrat ». Un gros emprunt est aussi un gros contrat. Dans ce contexte aussi, il peut y avoir de belles commissions, même, bien sûr si cela est très rare... Des hommes astucieux, mais réellement très « gourmands » peuvent accroître le déficit dans des proportions insensées par rapport aux possibilités financières d'un pays. On peut aboutir, comme dans le cas de la Grèce, mais aussi bien entendu de la France, à la mise en jeu de « montagnes » d'argent. C'est l'intérêt du déficit, pour les gens astucieux. Aucun autre moyen n'existe sur la planète, et dans le monde occidental, de lever autant d'argent entre si peu de « participants à l'opération ». Voilà pourquoi la dette n'a jamais été une fatalité de l'économie, mais un choix. Notons d'ailleurs que cette dette ne prend plus la forme des fameux emprunts Pinay, qui étaient placés dans le public, mais d'une négociation directe entre des représentants de l'Etat et des représentants des grands groupes financiers. Notons par ailleurs, l'intérêt de ce type de montage est encore plus grand, lorsque l'on comprend que ceux qui vont devoir rembourser cette dette, et payer les sommes vertigineuses représentées par les intérêts, ne sont pas les initiés « astucieux » mais la masse de toute une population à laquelle on fait croire volontiers qu'elle ne peut faire autrement. Aux USA, le Président Obama n'a pas hésité, dès son arrivée au pouvoir, à tirer un trait sur deux grands programmes militaires :le projet de bouclier radar européen (annulé le 18 septembre 2009) et le programme Constellation (annulé le 1er février 2010). Cela n'a pas pour autant réduit la dette américaine qui a augmenté dans sous son mandat de 15% contre 20% pour W.Bush. (chiffres rapportés au PNB). En France, aucun programme n'a été annulé dans une telle optique. Au contraire même, à preuve la construction d'un nouveau ministère de la défense ou encore celles de nouveaux bâtiments pour les Archives Nationales ou les Archives du Quai d'Orsay de nouvelles prisons etc. C'est vrai que depuis Jacques Marseille, on considère que le responsable de tous les déficits, c'est le petit fonctionnaire qui n'hésite pas à emporter une gomme chez lui, en catimini... La France a déjà payé 1700 milliards d'euros simplement pour les intérêts de sa dette sur les 7 dernières années...Beau pactole pour des hommes astucieux... Les instances dirigeantes américaines se donnent jusqu'au 2 août pour envisager une possible cessation de paiement des intérêts sur leur dette. On peut être étonné que ce sujet ne soit pas du tout présent dans la campagne électorale actuelle et que l'on s'intéresse si peu aux causes de cette dette.
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