Ringards, c’est le terme que Mme Ségolène Royal a choisi pour qualifier tous ceux (et ils sont nombreux) qui n’ont pas compris la beauté et l’intelligence de son « one woman show du Zénith »…
Mme Ségolène Royal a certainement raison, car à n’en pas douter, un grand nombre de français mérite cette épithète. Il est, en effet, difficile de comprendre qu’une personne qui a rassemblé
plusieurs millions de voix aux présidentielles peut être à ce point « déconnectée » de toutes les réalités de la vie quotidienne pour oser un tel spectacle. On sait que pour certains politiques ce
n’est pas nouveau et l’on se souvient du livre de Roger-Gérard Schwartzenberg sur ce thème et dont le titre était justement la « l'Etat spectacle »…On a eu la « femme en blanc », on a
désormais la «femme en bleu » et bientôt, sans doute, la « femme en rose ». Est-ce un comportement bien sérieux au moment où les assises de la société occidentale basculent et où de toute part
monte l'inquiétude ?
Monsieur Bertrand Delanoe pense, quant à lui, à une pyramide. Il déclare le plus naïvement du monde que cette idée lui est apparue naturelle quand il a pris conscience que l’on avait pas
construit depuis plusieurs années à Paris un seul mètre carré…de logements sociaux…non, vous n’y êtes pas : de bureaux de luxe. Ouf, les Bo-Bo de gauche, mais aussi de droite, qui aiment tant leur
nouveau Paris « plaqué-or » (comme dit Thomas Dutronc) sont rassurés ! Ils pourront continuer à faire du jogging en sportwear de luxe dans les jardins de Luxembourg sans être dérangés par «
d’ignobles pauvres ».
Monsieur Dominique Strauss-Kahn, en ce qui le concerne, est déjà parti en campagne pour les présidentielles. Voilà les inévitables sondages « bien pensants » qui font leur retour, car s’il
n’est pas dans la course des futurs patrons du PS, du moins est-il le favori des « nouveaux sondages »…Rien d’extraordinaire dans tout cela, puisque ses réussites en tant qu’ancien ministre des
finances furent bien minces et ses analyses en tant que directeur du FMI furent encore plus « légères ». Pas un instant, au poste qu’il occupe, il n’a été capable de tirer la sonnette d’alarme, ni
de pressentir la crise. Pire, au moment où M. Jean Arthuis prévoyait une aggravation de la situation après le premier choc des subprimes, Monsieur Dominique Strauss-Kahn expliquait du haut de son
immense savoir que le plus difficile était désormais derrière nous.
Monsieur François Hollande est certainement un homme exceptionnel. Il vient de reprendre un grand principe que même le pire « ringard » libéral ou neo-conservateur n’aurait osé même esquisser,
à savoir : il faut collectiviser les pertes et privatiser les profits.
Il est donc bien vrai qu’au PS, le mot «
ringard » conserve une signification toute d’actualité.